Histoire de Saint-Symphorien

Le blason

Créé en 1950, l’écu s’inspire du style des armes françaises modernes du XVIIIᵉ siècle.

Il est coupé mi-parti :

  • À gauche :

    • Un bâton de pasteur d’argent en diagonal sur fond bleu,

    • de trois glands d’argent posés deux et un sur fond vert.

  • À droite : Un pin arraché d’argent sur fond rouge.

Ce blason illustre le milieu naturel de la commune, marqué par la forêt de pins et de chênes, et rappelle, par la canne de berger, l’importance qu’occupait autrefois l’élevage ovin dans l’économie locale.

Le blason a été modernisé en 2023.

La commune

Située en bordure du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, à la limite nord des Landes girondines, Saint-Symphorien s’étend sur un territoire marqué par la grande forêt de pins et les fougères.

La commune est célèbre pour le chalet de Jouanhaut, à l’ouest du village, où François Mauriac passait son enfance et son adolescence lors des vacances familiales. Cette maison landaise typique, se distingue par ses poutres de l'auvent sculptées portant une devise latine, datées de 1787.

C’est dans notre village que l’écrivain a rédigé Le Mystère Frontenac. Le lieu où se déroule l’histoire de Thérèse Desqueyroux, Argelouse, se trouve à trois kilomètres du village. La vaste forêt, à la fois belle, silencieuse et parfois inquiétante, a marqué les écrits du poète, bien qu’elle ait été dévastée par des incendies en 1943, 1949 et 2022.

Saint-Symphorien abrite également une jolie église gothique du XVe siècle, remarquable pour ses clefs de voûte historiées, dont un écusson de France et la représentation du bon pasteur avec sa houlette et ses brebis, rappelant la vocation pastorale ancienne de la commune.

La petite histoire

Origines et noms anciens

La commune semble avoir toujours porté le nom de Saint-Symphorien. Dans de vieux textes en gascon, elle apparaît parfois sous les formes « Saint-Souffrian » ou « Saint-Surian ».

Des traces d’occupation préhistorique ont été retrouvées sur le territoire, notamment une urne funéraire en bon état et un dépôt de poteries. Au Ier siècle, la région est traversée par les légions romaines, qui introduisent notamment la religion chrétienne, et au VIIᵉ siècle, c’est le passage des Arabes qui marque l’histoire locale.

Du Moyen Âge à la Révolution

Jusqu’à la Révolution française, l’histoire de Saint-Symphorien est liée à celle de Castelnau-de-Cernes et de la famille des Albret.
Le château de Castelnau est construit vers 1245 par Amanieu VI, et les paysants du Cernes contribuent à son entretien. Le moulin attenant est alors sous le monopole des Albret. Dès 1274, Saint-Symphorien est mentionnée dans les pouillés, indiquant l’existence probable d’une chapelle sur le site de l’église actuelle.

Du XIIᵉ au XIVᵉ siècle, la Guyenne est disputée entre Anglais et Français, entraînant des destructions locales et de fréquents changements de propriétaires pour le château de Castelnau.

En 1656, dame Marguerite de Vicose, dame de Castelnau-de-Cernes, fixe par contrat les droits et devoirs des habitants, représentés par leurs procureurs.

La Révolution et le XIXᵉ siècle

La Révolution transforme la paroisse en commune de Saint-Symphorien en 1793, qui prend brièvement le nom de Lahure, du nom du ruisseau la traversant. La famille Martin, francophone, participe activement aux nouvelles institutions.

Sous les gouvernements successifs (Empire, IIᵉ République, IIᵉ Empire), l’économie évolue :

  • Remplacement progressif de l’élevage ovin par les plantations de pins maritimes,

  • Gemmage et distillation de l’essence de térébenthine,

  • Vente des landes communales pour construire l’école des garçons en 1859,

  • Construction des voies ferrées dès 1873 et création de l’atelier ferroviaire (1886-1977),

  • Création du Cercle Ouvrier,

  • Première brigade de gendarmerie en 1851-1852.

Guerres et modernisation

Malgré la distance des grands champs de bataille, la population masculine de la commune est touchée par les conflits nationaux et internationaux : campagnes napoléoniennes, guerres coloniales, guerre de 1870, Première et Seconde Guerres mondiales, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie…

Entre 1918 et 1939, la modernisation s’accélère avec l’industrialisation, la mécanisation et l’arrivée d’ouvriers étrangers. Après 1945, ces transformations continuent, modifiant profondément le mode de vie des habitants.

Faits marquants récents

Quelques événements significatifs dans la vie communale :

  • 1999 : Tempêtes Lothar / Martin
  • 2005 : Création du complexe sportif Pierre LARRUE
  • 2007 : Création de la Maison de Retraite
  • 2009 : Tempête Klauss
  • 2011 : Création de la Maison médicale
  • 2014 : Réhabilitation de la Mairie et la médiathèque
  • 2020 : Incendie (280 Ha)
  • 2021 : Création de la déchetterie (Sictom)
  • 2022 : Création de la Garderie périscolaire
  • 2022 : Incendie (1400 Ha)
  • 2024 : Création de la chambre funéraire
  • 2025 : Création de la Maison des 1000 premiers jours (Communauté de Communes du Sud Gironde)
  • 2025 : Réhabilitation du groupe scolaire Guy DUPIOL

Les chemins de fer

Un très beau livre retraçant l’histoire des Chemins de Fer Économiques de Gironde et notamment l’installation sur le territoire de la commune d’un atelier de réparation des voies ferrées, écrit par Jean Perroteau et Patrice Durbain est paru aux éditions du Cabri. Vous pouvez vous le procurer à la Médiathèque Jean Vautrin de Saint-Symphorien, pour la somme de 49 €.

Avant l’arrivée du chemin de fer les communications, en Gironde, étaient subordonnées à la traction hippomobile et aux routes et chemins mal entretenus, avec une lenteur et un coût qui pénalisaient les activités économiques.

C’est donc un réseau très étendu sur l’ensemble du département avec 272 km de voies dont 50 km en Blayais qui voit le jour. Si c’était un tracé structuré et étendu, il avait aussi la qualité de communiquer avec les grands réseaux et le port. Incontestablement ce réseau va faciliter les déplacements dans des conditions confortables et rapides, il va développer les relations entre les communes rurales vers Bordeaux et son port, l’installation d’habitants et d’entrepreneurs, permettre l’éclosion des stations balnéaires, l’arrivée d’usines de traitements des bois et de la résine, l’écoulement des produits de la forêt et du nord du bassin d’Arcachon, l’accessibilité à des trains spéciaux lors des foires ou des fêtes, des courses de chevaux.

Un véritable lien social est désormais installé par le désenclavement de villages isolés. L’installation d’un atelier dès 1873 à Saint-Symphorien permet de maintenir le matériel roulant et de le modifier, puis avec l’extension du réseau, les Chemins de Fer Économiques édifièrent un autre vaste atelier-dépôt à Lacanau sur la ligne de Lesparre à Facture, ce qui améliora les réparations et rénovations pour le service des trains et l’embauche d’ouvriers supplémentaires qui fera vivre aisément de nombreuses familles.

Ce sont aussi les images des voyageurs, les aléas du service, la prospérité, la vie ferroviaire décrits dans ce livre qui tendent à rendre hommage aux hommes qui ont su décider et construire ces lignes, ainsi qu’aux employés de la voie, du roulement, de l’entretien qui par leur attachement à la compagnie, ont su apporter des services inestimables.

La commune est devenue propriétaire, en 2025, de l’ensemble des équipements des anciens ateliers de réparation des chemins de fer.
Une étude a été confiée à une architecte du patrimoine afin de proposer plusieurs scénarios possibles pour l’ouverture du site, plus ou moins ambitieux.

Une association des Amis des Ateliers sera créée afin de réunir des bénévoles et de rechercher des sources de financement privées.

La bibliographie

  • Notre village – Notes et souvenirs sur Saint-Symphorien – Christiane Filleau. Livre en vente à la médiathèque 15€.
  • Blasons des communes de la Gironde – Jean-Jacques Déogracias

  • Le patrimoine des communes de la Gironde – Tome 2

  • Les chemins de fer économiques de Gironde – Jean Perroteau & Patrice Durbain, éd. du Cabri